Depuis plusieurs mois, de nombreux secteurs subissent les conséquences d’un déséquilibre profond sur les marchés des matières premières. Métaux, énergie, bois, verre, céréales, huiles, emballages… la flambée des prix et les difficultés d’approvisionnement impactent directement les charges des entreprises, quelle que soit leur taille. Cela a un impact direct sur la manière de gérer sa trésorerie. Derrière chaque hausse de coût ou chaque retard fournisseur, c’est le fonctionnement quotidien de l’entreprise qui est mis à l’épreuve : marges comprimées, besoin en fonds de roulement qui explose, incertitude sur les délais de livraison… Sans une stratégie claire et des outils adaptés, les tensions sur les matières premières peuvent rapidement se transformer en crise de liquidités. Alors, comment préserver son équilibre financier quand la volatilité devient la norme ? Quelles sont les bonnes pratiques pour piloter sa trésorerie avec agilité dans un environnement aussi instable ? Voici les clés d’une gestion réactive et résiliente.

Comprendre l’impact direct sur la trésorerie
L’augmentation des prix des matières premières ne se répercute pas toujours immédiatement sur les tarifs clients. Ce décalage peut fragiliser les marges et générer des besoins de financement supplémentaires à court terme. Par ailleurs, les ruptures d’approvisionnement obligent parfois à constituer des stocks de sécurité plus importants, ce qui mobilise davantage de trésorerie.
À cela s’ajoutent les retards de production, qui rallongent les délais de facturation, tout en laissant inchangées les échéances de paiement aux fournisseurs. Le cycle de trésorerie s’allonge, les tensions s’accumulent. C’est souvent à ce moment-là que les premières alertes apparaissent : découvert bancaire prolongé, incapacité à payer certaines charges fixes, stress croissant dans la gestion quotidienne.
Mettre en place un pilotage de trésorerie dynamique
Dans ce contexte incertain, disposer d’une vision claire et actualisée de sa trésorerie est indispensable. Il ne s’agit plus simplement de suivre ses encaissements et décaissements, mais bien d’anticiper les écarts potentiels à venir, mois par mois, voire semaine par semaine.

Mettre en place un plan de trésorerie prévisionnel permet :
- d’identifier les périodes critiques
- d’anticiper les besoins de financement à court terme
- de simuler différents scénarios
Cette approche permet non seulement de
- détecter les tensions à venir
- de mieux négocier avec ses partenaires bancaires ou ses fournisseurs, en s’appuyant sur des données tangibles
Il est recommandé de faire vivre ce prévisionnel, de le mettre à jour régulièrement et d’y intégrer les hypothèses d’évolution des prix et des délais d’approvisionnement. Plus votre modèle est proche de la réalité, plus vous serez capable d’ajuster rapidement votre stratégie.
Ajuster ses achats et revoir ses priorités d’approvisionnement
Dans une période où les coûts explosent et où certaines matières sont difficiles à obtenir, il devient nécessaire de redéfinir ses priorités. Toutes les commandes ne peuvent pas être maintenues dans les mêmes conditions. Il faut arbitrer, négocier, et parfois retarder certains achats moins urgents. Le dialogue avec les fournisseurs devient crucial : comprendre leur situation, anticiper les hausses de prix, explorer des solutions alternatives (matières substituables, fournisseurs secondaires, commandes groupées). Cette relation de confiance peut permettre de sécuriser certaines livraisons clés ou de lisser les hausses tarifaires. En parallèle, il est parfois stratégique de revoir son offre, sa gamme de produits ou ses quantités produites, afin de s’adapter temporairement à la nouvelle donne tout en préservant sa trésorerie.
Optimiser son besoin en fonds de roulement
Les tensions sur les matières premières impactent fortement le besoin en fonds de roulement (BFR). Un allongement des délais d’approvisionnement ou une augmentation des stocks fait mécaniquement grimper le BFR, donc la tension sur la trésorerie.
Dans ce contexte, chaque levier compte. Réduire les délais de paiement client, sécuriser des acomptes à la commande, étaler ou négocier les échéances fournisseurs, identifier les stocks dormants… Ce sont autant d’actions concrètes qui peuvent améliorer significativement la liquidité disponible. Un audit rapide de votre cycle de BFR peut révéler des marges de manœuvre souvent sous-estimées, en particulier si l’entreprise a connu une croissance rapide ou une évolution de ses habitudes d’achat.

S’appuyer sur les bons outils… et sur les bons partenaires
Face à ces nouveaux défis, les outils de pilotage digitalisés prennent toute leur valeur. Des logiciels de gestion de trésorerie ou de comptabilité prévisionnelle permettent aujourd’hui de suivre ses flux en temps réel, de simuler des hypothèses, de visualiser l’impact de chaque décision.
Mais les outils ne suffisent pas : l’accompagnement humain reste indispensable. Échanger régulièrement avec un expert-comptable, un conseiller en gestion ou son banquier permet de prendre du recul, d’envisager des solutions de financement ponctuelles, ou de bénéficier d’un regard extérieur pour affiner sa stratégie.
La tension sur les matières premières n’est pas seulement une crise passagère. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation des chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, la gestion de trésorerie devient un véritable outil de pilotage stratégique, et non plus une simple formalité administrative. Être capable d’anticiper les besoins, de s’adapter rapidement, d’optimiser les cycles d’achat et de renforcer les relations avec ses partenaires, c’est ce qui fera la différence entre les entreprises qui subissent. Et celles qui traversent les turbulences avec agilité.
Besoin de renforcer votre pilotage financier dans ce contexte incertain ? Contactez un conseiller Novances pour un accompagnement personnalisé.
